La Boite à rêves
Installation
Bikini Test

La Boîte à Rêves est un entre-sort intimiste pour deux spectateur·rices allongé·es dans une camera oscura. Un cinéma d'animation analogique superposant le paysage avec des ombres  chinoises. Une bande sonore jouée en direct. Des histoires oniriques composées spécifiquement pour chaque lieu. Une écriture collective faite in situ.

boiteReve_exterieur_creditDavidEichenberger.png

    On dirait que ce serait une cabane. Incongrue.On dirait que ce serait un lit à baldaquin posé au milieu de nulle part. Intempestif.On dirait que ce serait une chambre noire d’où dépassent des pieds. Inversée.On dirait que ce serait une cabine de projections. Imprévisible.On dirait que ce serait un refuge. Inespéré.La boîte à rêves, chambre noire posée dans le bain du réel, est un dispositif tant cinématographique que scénographique. Un lieu d’où l’on voit. Un objet inscrit dans le paysage. Un théatron.La Boîte à Rêves est un lieu de vision en plein cœur de l’espace public. Un abri d’où l’on aperçoit le monde. Où se déploient des palimpsestes, où se pèlent des couches d’oignons, où l’on plonge dans des profondeurs brumeuses, où l’on se glisse dans un feuilletage de rêveries. S’y allonger, ce pourrait être entrer dans une méditation, dans le trouble du sommeil paradoxal ou dans l’inconscient.Réactive, malléable, elle se plie aux réalités de l’instant et aux joies du temps limité. En dialogue ininterrompu avec les lieux qui lui servent de toile de fond, on ne sait jamais quel songe elle fera émerger. Elle se nourrit du présent : du paysage, des êtres et des choses rencontrées ici et maintenant. Poreuse, perméable, transparente, elle se joue du dehors et du dedans. Ses histoires créent des circulations entre son environnement, l’intime et l’imaginaire. Elles invitent l’absurde. La fantaisie. On y entre et on sort aisément. Le rideau n’a pas la solennité du seuil d’un théâtre.Clic clac.La Boîte à Rêves est investie en quelques jours par des équipes mouvantes: marionnettistes, plasticien·nes, photographes, conteur·euses, comédien·nes et autres épigones de Géo Trouvetou, le collectif se mobilise rapidement autour d’un rêve. Il fait feu de tout personnage, de toute échappée belle, de tout délire, en interactivité avec le paysage.Elle puise sa forte modularité dans la simplicité et le bricolage. A mains nues, quasi sans électricité, cette machine-là fonctionne à l’huile de coude, à coups de cœur, à pistons d’imaginaires, à la camaraderie transdisciplinaire. Éloge du mixage et du collaboratif.C’est aussi un lieu que l’on voit. Un objet attractif que tout passant·e ou badaud peut découvrir en devenir, peut investir. La création des rêves in situ éveille la curiosité. Génère une rencontre préalable avec le public. En amont de la représentation, celui-ci est invité à revenir plus tard, voire à prendre part à la création en témoignant de sa connaissance du lieu, en trouvant des objets nécessaires à la scénographie, et, pourquoi pas, en jouant dans le rêve.
RENCONTRE DE LA BOÎTE A RÊVES ET DU KALEIDOSCOPE La Boîte à Rêves et le Kaléidoscope se sont retrouvés mai dernier pour tâter le terrain, en prévision d’une coopération lors du festival “A Family of Humans*”. Comment deux projets si différents dans leur organisation peuvent-ils se rencontrer ?La Boîte à Rêve nécessite une structuration horlogère pour caler ses animations avec la réalité. La limite de deux spectateur·ices lui impose une durée comprise entre cinq et dix minutes pour pouvoir être jouée en boucle. Un travail de préparation et d’ajustement ou rien n’est laissé au hasard.Le Kaléidoscope est une réflexion autour de la transformation des matières et de la déstructuration des espaces. D’après le technicien Gaël Chappuis, “l’établissement d’une fiche technique concrète est un exercice presque aussi loufoque ou compliqué que la classification de cette expérience artistique dans un carcan disciplinaire.”Le premier est un dispositif compact, précis, rapide, capable de créer un spectacle en trois jours avec les moyens du bord. Le second est une expérience mouvante et fluide, se jouant de toute injonction à prendre forme.Chacun, par essence, sait s’adapter, au contexte qui l’accueil. Tout deux mélangent théâtre, musique, danse, projection, et c’est là que les interactions se produisent. L’un dans l’autre, ils se côtoient à des rythmes différents, se croisent et interfèrent, prennent acte de la présence de l’autre sans se compromettre.